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Article édité en juin 2026

La motricité fine : un pilier essentiel
du développement de l’enfant

position main écriture

Explorons ensemble la thématique de l’amélioration de la motricité fine, une compétence fondamentale dans le développement de l’enfant et un axe central des rééducations en graphothérapie. La motricité fine désigne la capacité à réaliser des mouvements précis et coordonnés grâce aux petits muscles des mains et des doigts. Elle intervient dans de nombreuses activités du quotidien : tenir un crayon, découper avec des ciseaux, boutonner un vêtement, manipuler de petits objets ou encore utiliser des couverts. Ces gestes, qui semblent naturels à l’âge adulte, nécessitent en réalité un apprentissage progressif et un entraînement régulier.

Une bonne motricité fine favorise non seulement l’apprentissage de l’écriture, mais également l’autonomie, la confiance en soi et la réussite scolaire. Heureusement, son développement peut se faire de manière ludique et agréable. À travers cette série, nous vous proposons de découvrir différentes activités simples, créatives et accessibles permettant de stimuler efficacement cette compétence essentielle.


Les objets du quotidien :
des trésors pour développer la motricité fine

Il n’est pas nécessaire d’investir dans du matériel spécialisé pour travailler la motricité fine. De nombreux objets présents à la maison peuvent devenir de véritables outils d’apprentissage. Le jeu de la pince, par exemple, consiste à utiliser une pince à linge ou une pince à épiler pour saisir de petits objets tels que des pompons, des perles ou des morceaux de papier. Cette activité sollicite particulièrement le pouce et l’index, deux doigts indispensables à la bonne tenue du crayon.

Les devinettes tactiles constituent également un excellent exercice. Les yeux fermés, l’enfant doit reconnaître un objet uniquement grâce au toucher. Cette activité enrichit les perceptions sensorielles tout en affinant la discrimination tactile, compétence importante pour le contrôle des gestes. Les activités utilisant des fils, comme les tresses, les scoubidous, les noeuds ou l’enfilage de perles, permettent quant à elles de développer la coordination oeil-main, la précision des mouvements et la patience. Elles offrent aussi l’avantage de produire un résultat concret dont l’enfant peut être fier.




Le modelage : apprendre avec les mains
Parmi les activités les plus complètes pour renforcer la motricité fine, le modelage occupe une place de choix. En manipulant des matériaux malléables, l’enfant développe simultanément sa force musculaire, sa coordination et sa créativité.

La pâte à modeler, qu’elle soit achetée dans le commerce ou fabriquée à la maison avec de la farine, du sel et de l’eau, offre de multiples possibilités. Rouler des boules, former des boudins, créer des animaux ou des personnages mobilise une grande variété de gestes précis. L’argile constitue également un excellent support de travail. Plus résistante que la pâte à modeler, elle sollicite davantage les muscles des et des mains. De même, dessiner dans le sable humide permet d’explorer de nouvelles sensations tactiles tout en travaillant les mouvements préparatoires à l’écriture.

L’utilisation d’emporte-pièces, de couverts ou d’outils de modelage ajoute une dimension supplémentaire en encourageant l’enfant à coordonner plusieurs gestes simultanément. Les Wikki Stix ou filaments de pâte à modeler flexibles peuvent également être utilisés pour former des lettres et des chiffres en trois dimensions, facilitant ainsi l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. Pour maintenir l’intérêt de l’enfant, il est judicieux d’intégrer le modelage dans un univers imaginaire : fabriquer un dinosaure, construire une ferme ou créer les personnages d’une histoire rend l’activité encore plus motivante.

Les jeux d’adresse et d’assemblage :
apprendre en construisant

Les jeux d’assemblage sont bien plus que de simples jouets. Ils constituent de véritables outils de développement cognitif et moteur. Les constructions, puzzles, briques emboîtables et autres jeux de montage sollicitent fortement la concentration et la persévérance. L’enfant apprend à observer, planifier ses actions et corriger ses erreurs afin d’atteindre son objectif.

Ces activités permettent également d’affiner la dextérité. Manipuler des pièces de tailles variées exige précision et contrôle des mouvements. À mesure que les constructions deviennent plus complexes, les compétences motrices se perfectionnent. Les jeux d’assemblage favorisent aussi le développement des repères spatiaux. L’enfant apprend à comprendre les notions de haut et de bas, de gauche et de droite, de devant et de derrière. Ces repères sont essentiels pour l’organisation spatiale nécessaire à l’écriture. Par ailleurs, certaines constructions introduisent les premières notions de logique et de séquences. Reproduire un modèle, suivre un schéma ou créer un mécanisme simple prépare indirectement aux compétences requises pour la lecture et l’écriture.

Pour profiter pleinement des bénéfices de ces jeux, il est important de choisir des modèles adaptés à l’âge et aux capacités de l’enfant. Les plus jeunes auront besoin de pièces volumineuses faciles à saisir, tandis que les plus grands pourront relever des défis de plus en plus complexes.

Les activités créatives :
allier plaisir et apprentissage

Les activités créatives constituent un excellent moyen de développer la motricité fine tout en favorisant l’expression personnelle. Une activité aussi simple que déchirer du papier peut devenir un véritable exercice moteur lorsqu’elle est réalisée avec un objectif précis. L’enfant peut créer des paysages, des animaux ou des personnages à partir de morceaux déchirés. Ce geste sollicite la coordination des deux mains et le contrôle de la force exercée.

Les scoubidous, toujours appréciés malgré les générations, permettent de travailler les mouvements fins des doigts, la coordination et la patience. Leur aspect coloré et ludique en fait une activité particulièrement motivante.

Les perles à repasser représentent un défi encore plus exigeant. En utilisant une pince pour positionner chaque perle sur son support, l’enfant développe sa précision gestuelle et sa concentration. Le résultat final procure un fort sentiment de réussite et valorise les efforts fournis. Ces activités créatives offrent également l’occasion de développer l’imagination et la confiance en soi, deux dimensions importantes du développement global de l’enfant.

La finesse du toucher :
un sens à stimuler

La motricité fine ne se limite pas aux mouvements des doigts. Elle est étroitement liée aux informations sensorielles que les mains transmettent au cerveau. C’est pourquoi le développement de la finesse du toucher constitue un aspect essentiel du travail moteur. Les lettres en relief permettent à l’enfant d’explorer les formes avec ses doigts. Cette approche multisensorielle favorise la mémorisation des lettres et peut compléter efficacement l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Les jeux de reconnaissance tactile sont également très enrichissants. Des ballons remplis de différentes matières — farine, riz, pâtes, semoule ou sable — peuvent être associés à des images correspondantes. Cette activité stimule à la fois le toucher, l’observation et le raisonnement. Le mémo tactile est une autre variante particulièrement appréciée. Les joueurs doivent retrouver des paires d’objets ou de textures uniquement grâce au toucher. Ce jeu familial développe l’attention sensorielle tout en favorisant les échanges et le plaisir partagé.

Conclusion
Notre exploration de la motricité fine nous montre qu’il existe une multitude de façons d’accompagner le développement de cette compétence essentielle. Qu’il s’agisse d’utiliser des objets du quotidien, de modeler, de construire, de créer ou d’explorer différentes textures, chaque activité contribue à renforcer les capacités motrices de l’enfant.

Au-delà de la préparation à l’écriture, ces expériences favorisent l’autonomie, la confiance en soi, la concentration et le plaisir d’apprendre. L’essentiel est de proposer des activités variées, adaptées à l’âge de l’enfant et intégrées naturellement dans son quotidien. Chaque geste compte. Derrière chaque jeu, chaque création et chaque découverte se cache une opportunité de grandir, d’apprendre et de développer les compétences qui accompagneront l’enfant tout au long de sa vie.

position main écriture
Article édité en octobre 2024

Enseignants et graphothérapeutes :
deux métiers complémentaires



Le 5 octobre, c’est la journée internationale des enseignants. L’occasion de célébrer ce métier d’une importance capitale pour l'avenir de nos enfants et le lien étroit avec celui de graphothérapeute.

Ne dit-on pas qu’être professeur est le plus beau métier du monde ? Enseigner est une vocation, un métier “passion” qui requiert des qualités humaines et une grande responsabilité. Dans l’enseignement du 1er degré, c'est à dire en école élémentaire, son rôle est primordial car il enseigne tous les fondements de la scolarité future des élèves. Un socle solide, des pré-requis indispensables pour que chacun continue à apprendre avec une base assurée de savoirs-faire et de savoirs-être.

En maternelle, les pré graphismes enseignés sont les prémices de l’écriture : boucles, ponts, coupes ou encore ronds sont abordés sur différents supports et avec des instruments variés pour habituer l’enfant à ces gestes. Ainsi, le tracé des lettres dès la Grande Section est initié. C’est au CP et CE1 que les enfants apprennent l’écriture au sens propre. En 4 ans jusqu’au CM2, le geste devient de plus en plis aisé et maîtrisé pour devenir un outil automatique pour la suite de la scolarité.



Mais parfois, le graphisme a du mal à trouver sa fluidité, les gestes sont malhabiles, la progression manque d’aisance, l’instrument est mal tenu, des douleurs apparaissent, la lisibilité se dégrade avec la vitesse. Des difficultés de tout ordre peuvent apparaître, et l’écriture a du mal à être efficace. Le rééducateur de l’écriture, comme son nom l’indique, propose une “rééducation” du graphisme, ce qui sous-entend que le scripteur sait déjà écrire : il connaît son alphabet, a appris les enchaînements du cursif.

Robert Olivaux, docteur en psychologie et psychanalyste fondateur d’une méthode de graphothérapie, préconise de revenir sur les mouvements graphiques du pré-apprentissage : les pré graphismes vus en maternelle sont repris pour que l’enfant déconditionne son geste graphique, et adopte de nouvelles et bonnes habitudes. Le graphothérapeute ne remplace en aucun cas l’enseignant, et ne « reprend » pas son travail : il aborde l’écriture autrement pour la rendre efficiente.

Les difficultés d’écriture ne sont pas dues à un manquement de l’école. Les professeurs des écoles ont la lourde tâche d’enseigner la lecture, l'écriture et les mathématiques, d’animer les activités physiques et d’ouvrir les élèves sur le monde, de faire des sorties culturelles, d’organiser des kermesses de fin d’année…La place de l’écriture s’est faite plus petite au fil des années, les enseignants ont moins de temps à consacrer au graphisme, aux tenues de stylos, aux postures sur les tables. Est-ce bien ou mal ? Chacun aura son avis, mais l’école évolue, comme tout.

Ainsi, les deux métiers d’enseignant et de rééducateur de l’écriture sont liés. Le premier apprend à écrire, le second prend le relai en cas de difficultés. Leur objectif est le même : que chaque élève trouve une sérénité et des automatismes pour écrire, c’est pourquoi ils travaillent ensemble et sont amenés à se rencontrer pour le suivi des enfants. Parents, personnel éducatif, personnes aidantes, tous les adultes qui travaillent avec et pour l’enfant en difficulté collaborent pour améliorer ses chances de réussite.

Article édité en janvier 2025

Y a-t-il vraiment une "bonne" position
pour tenir le crayon ?

Nous avons tous appris à écrire différemment, souvent sous le regard attentif (voire insistant) d’un enseignant ou d’un parent. Mais dans un monde où chaque personne est unique, est-il raisonnable d’imposer une seule façon de tenir son crayon ?

position main écriture

Certains experts en écriture affirment qu'une prise "tripode" (crayon tenu entre le pouce, l'index et le majeur) est optimale pour éviter la fatigue et maximiser la fluidité. D’autres pensent qu’il n’existe pas de position universelle, et tant que l’écriture est lisible et confortable, la prise du crayon peut être laissée à l'appréciation du scripteur. La position idéale existe-t-elle ou est-elle une simple convention ? Nous allons décrypter cette question essentielle dans notre pratique.

Prendre un crayon en main : les étapes
Pour commencer, voyons les étapes clés de la prise d’un instrument qui débute en général vers 12 - 18 mois : les enfants tiennent le crayon avec toute la main, c’est ce que l’on appelle la prise palmaire. Entre 2 et 3 ans, les enfants utilisent encore leurs 5 doigts mais leur index et leur pouce sont vers le bas et ils peuvent contrôler davantage le crayon. Vers 3 ans 1/2, 4 ans, les enfants commencent à tenir leur crayon avec 4 doigts (prise quadripode) : cette prise ressemble à la prise tripode mais avec un doigt en plus. Les mouvements sont contrôlés encore par le bras et non par le poignet qui reste assez statique, ce qui fait que les enfants ont encore, à cet âge, des difficultés pour colorier sans dépasser.

A partir de 4 ans les enfants tiennent leur crayon avec 3 doigts (prise tripode) ce qui signifie qu’ils pincent le crayon avec le pouce et l’index pendant que le crayon repose sur la dernière phalange du majeur. Maintenant les enfants contrôlent le crayon avec leurs doigts et le poignet pour une précision accrue, ce qui permet d’écrire, colorier sans dépasser et bien dessiner.




Quelques chiffres
Le choix de la main scriptrice se fait entre 4 et 7 ans, et 20% des enfants sont encore mal latéralisés à cet âge. Les gauchers représentent environ 12% de la population, et 44% d’entre eux ressentent des douleurs. 70% des enfants de 7 à 9 ans ont une posture crispée du poignet. 41% collégiens adoptent la position « académique » alors qu’ils sont 53% à ressentir des douleurs. La position renversée se voit dans environ 5% ce qui freine l’avancée de son écriture.

Le pouce qui vient en avant sur le stylo concerne 46% collégiens, et cette tenue n'a pas d'incidence sur la vitesse ni sur la qualité du graphisme, en revanche elle peut engendrer des douleurs (51% des cas). On remarque que pour la pince tridigitale, le majeur vient très fréquemment se poser sur le stylo, ce qui n’aurait pas d’incidence sur la vitesse et la qualité de l’écriture.

La main se positionne de 3 manières différentes sur la feuille : en-dessous de la ligne, au-dessus de la ligne (comme 70 % des gauchers), ou en balayage (30% des élèves en 6e), ce qui influe sur la direction, sur la vitesse et sur la douleur.

Douleurs ou crispations ?
La douleur à la scription est un motif de consultation fréquent. Or la moitié des collégiens ressentent des douleurs au bout de 5 min d’écriture, alors qu’ils adoptent la tenue académique la plupart du temps. Donc la douleur vient surtout d'une crispation interne plutôt que de la tenue même de l'instrument. Le processus de changement de posture peut-être compliqué, et s'accroît avec l’âge des enfants. En revanche, la détente de la main pour ôter les crispations est un travail essentiel qui se réalise à tout âge. Comment déceler une crispation ? Les doigts sont raides, s’appuient fortement sur le crayon, le poignet peut manquer de souplesse. L’enfant a besoin de pauses fréquentes, il doit secouer les mains ou se masser avant de reprendre, il souffle et se décourage (et donc il souffre). Tous ces indices nous permettent de conclure que la crispation est bien présente. La mobilité des doigts et du poignet jouent un rôle essentiel, plus important que la tenue en soi.

Ainsi, faut-il absolument restaurer une position de tenue plus conforme?
Pas forcément. Il faut surtout parvenir à des gestes plus détendus. Il est très important aussi que le scripteur choisisse l’instrument le plus ergonomique pour lui.

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Article édité en octobre 2024 - source : Le Journal du Dimanche - Alix Avril

Graphothérapeute,
un métier en plein essor

La pratique de l’écriture manuscrite décline, jusque dans l’enseignement primaire. La graphothérapie se présente comme une solution.



Ce lundi 7 octobre marque le coup d’envoi du grand concours national organisé par la Semaine de l’écriture. Le but ? Mettre en valeur l’écriture manuscrite, plus particulièrement dans les écoles, en proposant aux enseignants de faire participer leurs élèves, qui envoient leurs plus beaux textes écrits à la main sur une thématique. Cette année, c’est le courage ! « La défense de l’écriture manuelle est devenue un enjeu de société », explique l’un des fondateurs, Bernard Bouvet. Cet enjeu a bien été identifié par la mission Enseignement primaire de l’inspection générale, qui a choisi l’an passé de se pencher sur l’enseignement de l’écriture dans les classes de maternelle et de primaire. Les constats étaient rudes pour l’Éducation nationale.



L’enseignement de l’écriture est parfois négligé, le temps consacré à sa pratique ayant drastiquement baissé, passant pour une classe de CP d’une dizaine d’heures hebdomadaires dans les années 1960 à environ deux heures par semaine aujourd’hui. L’exercice de la copie est jugé désuet par certains enseignants qui en sous-estiment l’intérêt et privilégient les polycopiés. Parfois, les difficultés croissantes des élèves dans l’apprentissage de l’écriture sont aussi les conséquences de classes surchargées, qui ne permettent pas un suivi précis de chacun, mais surtout la perte d’un certain savoir-faire, la formation des enseignants sur ce sujet étant extrêmement succincte, voire inexistante. Alors que les ministres de l’Éducation nationale successifs n’ont eu de cesse de prôner le retour aux « fondamentaux », l’absence de formation initiale sur l’écriture est massive dans les institutions de formation (IUFM, puis ESPE). Les professeurs, souvent désemparés, se retrouvent à se former eux-mêmes. Pourtant, l’écriture a de multiples vertus : elle développe les compétences de mémorisation et de compréhension, renforce les acquisitions lexicales, orthographiques, syntaxiques, et permet une meilleure concentration par le tri des informations pertinentes.

Ces derniers temps, des cabinets de graphothérapeutes essaiment partout en France. La discipline a émergé dans les années 1960 avec l’ouverture d’une consultation pour des enfants avec un trouble de l’écriture à l’hôpital Sainte-Anne. Encore inconnue il y a quelques années, cette profession vise à rééduquer l’écriture pour aider les enfants et les adolescents à avoir une graphie lisible, soignée et rapide. Et elle convainc parents… et professeurs. Apolline Blanc, ancienne maîtresse d’école reconvertie qui a installé son cabinet de grapho-thérapie à Montauban en 2021, a vu son cabinet rapidement pris d’assaut. Parmi les enfants qu’elle suit, on « avait souvent diagnostiqué des “troubles dys” et conseillé la prise de notes sur ordinateur avant même d’essayer la rééducation de l’écriture. Il existe évidemment de réels problèmes, mais il s’agit souvent de savoirs fondamentaux mal appris, et quelques séances avec les enfants permettent de leur redonner confiance en eux. Les parents font des recherches et viennent nous voir, les cabinets d’orthophonie, discipline plus connue et identifiée que la nôtre, étant complètement saturés ». Elle collabore en bonne entente avec les enseignants de son secteur, proposant régulièrement des formations. Pour Agnès Daubricourt, graphologue et graphothérapeute depuis plus de trente ans, « l’écriture est une activité spécifiquement humaine, mais elle ne peut être inventée, devinée, il faut l’apprendre puis s’entraîner. Un enfant a besoin de consignes claires, logiques, structurées pour son cerveau. J’en vois de plus en plus qui recopient un modèle sans savoir comment former les lettres, dans quel sens aller. Ils reproduisent, miment, mais ils n’ont pas réellement appris ». Parmi les différentes raisons qui se conjuguent dans la hausse des difficultés liées à l’écriture, elle note que « beaucoup d’enfants naissent par césarienne. Ces derniers vont peiner davantage pour apprendre car ils n’ont pas connu certaines stimulations, certains mouvements, qui permettent une mise en route des réflexes qu’on nomme archaïques ».
Article édité en mars 2024

Graphothérapie : vos questions, nos réponses

De l’enfance à la vie professionnelle, l'écriture manuscrite demeure une compétence fondamentale. Dans le cadre d’un suivi pluridisciplinaire, la graphothérapie émerge alors comme une solution précieuse aux défis rencontrés par ceux qui éprouvent des difficultés dans ce domaine. Pourtant, cette pratique suscite de nombreuses interrogations du fait de son émergence relativement récente et de son approche individualisée. Cet article, en complément de notre FAQ, explore les questions les plus fréquentes entourant la graphothérapie.



A qui s'adressent
les séances de graphothérapie ?


Les séances de graphothérapie s'adressent à toute personne éprouvant des difficultés dans son écriture, qu'il s'agisse d'enfants, d'adolescents ou d'adultes. En effet, cette pratique vise à améliorer la qualité de l'écriture, en particulier sa lisibilité, le soin et la vitesse d’exécution. Elle permet aussi de résoudre des problèmes qui lui sont associés, tels que les douleurs. Enfin, la graphothérapie vise à permettre à l’écriture de se libérer en trouvant son expression personnelle. Chez certains enfants, des séances peuvent être bénéfiques dès les premiers apprentissages de l'écriture.



Pourquoi mon enfant
n’aime pas écrire ?


Lorsqu’un enfant montre des réticences à écrire, peut-être manifeste-t-il ainsi d’autres difficultés. Chaque enfant étant unique, les raisons qui peuvent expliquer cette situation sont multiples. Parmi celles-ci, nous pouvons citer :
Des difficultés d'apprentissage : votre enfant pourrait rencontrer des difficultés spécifiques telles que la dysgraphie. On parle d’écriture dysgraphique lorsque celle-ci est trop lente, illisible ou douloureuse pour la personne qui écrit.
Un manque de confiance en soi : certains enfants peuvent douter de leurs capacités, surtout s'ils ont déjà fait face à des critiques.
Des freins émotionnels : l'anxiété, par exemple, peut avoir un impact sur sa motivation pour écrire. Pour aider votre enfant, il est important d’en parler avec lui afin d’identifier ce qui le bloque dans l'écriture. Il peut également être judicieux de consulter un professionnel de l'éducation, de la santé ou de la graphothérapie qui pourra l’accompagner de façon adaptée et personnalisée dans son apprentissage.

Combien de séances de
graphothérapie sont nécessaires ?


Si l’accompagnement par un graphothérapeute dure en général quelques mois, il est difficile de définir un nombre exact de séances dès le départ. En effet, chaque individu est unique : les motifs de consultation (et donc le plan de rééducation) peuvent varier, tout comme le rythme de progression du patient.

La durée de l’accompagnement sera affinée au fil du suivi par votre professionnel. L’enjeu est de mener une rééducation personnalisée la plus efficace possible, sans exercer une quelconque pression liée à une échéance temporelle.

Devons-nous acheter un stylo
spécifique pour faciliter la rééducation ?


En ce qui concerne les instruments d'écriture, nous vous conseillons de prendre le temps d’essayer plusieurs stylos : stylo-plume, stylo à bille, stylo ergonomique, etc.

En cabinet, les spécialistes en rééducation de l'écriture disposent d'une variété d'outils que vous pourrez expérimenter à loisir afin de trouver celui qui vous convient le mieux.

L'objectif n'est pas d'imposer un instrument d'écriture mais de vous offrir la possibilité de découvrir celui avec lequel vous vous sentez le plus à l’aise.

Si plusieurs spécialistes sont préconisés,
dans quel ordre faire les choses ?


Les observations de l’enseignant de votre enfant ou vos propres observations dans ses apprentissages scolaires soulèvent des interrogations quant aux spécialistes vers lesquels vous devez vous tourner en priorité.

Il importe dans un premier temps d’échanger avec l’équipe éducative afin de mettre en commun vos observations et de décider des actions et des aides à apporter à votre enfant afin d’améliorer sa situation.

Par la suite, il convient de solliciter votre médecin généraliste ou votre pédiatre qui pourra vous aider à prioriser les bilans en vous orientant vers le bon spécialiste (neuropsychologue, orthophoniste, orthoptiste, ergothérapeute, psychomotricien, graphothérapeute, etc.).

Chacun peut-il surpasser ses difficultés
d’écriture grâce à la graphothérapie ?


La graphothérapie permet à chacun de surmonter ses difficultés d'écriture grâce à un accompagnement individualisé. En identifiant les obstacles rencontrés par le patient, qu'il s'agisse de problèmes de motricité fine, de coordination ou de posture, le graphothérapeute propose des exercices ciblés pour progresser.

Rappelez-vous que les problèmes liés à l'écriture ne sont pas définitifs, il existe des solutions. Un accompagnement approprié permet de vraies améliorations. Souvenez-vous aussi que les difficultés d’écriture ne définissent pas le potentiel d’un enfant ou d’un adulte.

N’hésitez pas à nous poser vos questions sur les réseaux sociaux afin de compléter notre FAQ dédiée à la graphothérapie.


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